Pineau, Gaston

Gaston PINEAU est né le 2 avril 1911 à Veigné, au sud de Tours. Son père était bourrelier. Turbulent et leader d'une bande de gamins mais aussi enfant de choeur, l'image d'un jeune chahuteur lui est restée. A 12 ans, il entre au petit séminaire, il désire être prêtre pour aller prêcher en Afrique, encore agité, il a une fois été renvoyé trois semaines ! Pourtant, à 18 ans, il entre au grand séminaire.

En 1931-1932, il fait son service militaire obligatoire à Villacoublay (près de Paris). Le 29 juin 1936, à 25 ans, il est ordonné prêtre, en pleine période d'agitation ouvrière. Il exerce son premier ministère comme vicaire à la paroisse du Sacré-Coeur, dans le quartier populaire de la Fuye à Tours, il s'intéresse aussi aux premiers pas de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Ceux qui l'ont connu à cette époque le décrivent comme un prêtre décontracté, "peu ecclésiastique", enfourchant son vélo avec sa soutane tachée !

Mais en 1939, c'est la guerre, il est mobilisé puis fait prisonnier dans le Jura au printemps 1940. Il restera prisonnier 5 ans, cinq années pendant lesquelles il refusera toujours de demander un statut plus favorable, qu'il pourrait obtenir en tant que prêtre. Il veut rester auprès de ses camarades et demande à être leur aumônier. A l'intérieur des camps, il va participer à la résistance, encourager et faciliter les évasions, sans s'évader lui-même, conscient que sa présence est plus importante que son confort personnel. Là aussi, son esprit de résistance et son indiscipline vont lui valoir d'être sanctionné et muté une dizaine de fois d'un stalag à un autre.

Il ne revient qu'avec les derniers trains de prisonniers, fin 1945. Ces années l'ont profondément marqué et ont contribué à orienter sa vie et son apostolat : "C'est là que j'ai rencontré, découvert l'homme dans ce qu'il a de meilleur et de pire. C'est là aussi que j'ai pris conscience de la distance qui séparait l’Église de la réalité de la vie des hommes."

A son retour il réintègre son poste et devient aumônier de la JOC, de la JOCF et aussi du Mouvement Populaire des Familles. En 1949, il sera le premier aumônier diocésain de l'ACO (Action Catholique Ouvrière). Très vite, il va être détaché du ministère paroissial. En 1947, il est nommé aumônier de la prison. C'est à la même période qu'il découvre la misère des sinistrés qui n'ont pas retrouvé de toit et qui vivent dans les ruines ; celle aussi d'ex-détenus qui n'ont pas retrouvé de foyer ni de travail après la guerre. Cette extrême misère ne peut le laisser indifférent. Pour accueillir ces sans-abri que l'on n'appelle pas encore des SDF, il installe un dortoir dans le grenier du Foyer des Jeunes Travailleurs, rue Bernard Palissy. Ce sera le début de ce qui va devenir l'Entr'Aide ouvrière. Au début des années 1950, c'est enfin la création de la Mission ouvrière avec l'installation de prêtres au travail, plus tard, l'évêque lui en confiera l'animation et l'organisation. Trois pôles ont orienté sa vie : une triple fidélité, une triple exigence :

- Souci d'une présence de militants chrétiens au sein des combats de la classe ouvrière, avec la JOC-JOCF et l'ACO,

- Souci des plus pauvres et des plus démunis, avec l'Entr'Aide Ouvrière,

- Souci d'une présence de l'Eglise dans le milieu populaire avec la Mission Ouvrière.

En outre, en 1958, il est nommé à la fonction de vicaire général et de directeur des oeuvres ; en 1980, le titre de vicaire épiscopal lui est donné ; en 1983, il est chargé de la vie religieuse dans le diocèse ; et à Pâques 1992, il est élevé par Jean Paul II au rang de Prélat d'honneur de Sa Sainteté. Dans ces différentes fonctions, il a pu être en rapport avec des gens de nombreux et différents milieux. C'est le 28 février 1998 que le Père Pineau, l'Abbé, a rejoint la maison du Père.

SOURCE: Jean Tonglet
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